Révélé par Pedro Almodovar dans La Mauvaise Education, Gael Garcia Bernal est devenu LA nouvelle coqueluche du cinéma mondial. Demandé sur tous les continents, il est aujourd'hui à l'affiche de La Science des rêves de Michel Gondry.
Comme ça: Êtes-vous un "rêveur" ?
Gael Garcia Bernal: Oui, je rêve beaucoup. Souvent, je revis dans mon sommeil des choses que j'ai vécues dans la journée.
Cç: Vous souvenez-vous de votre pire cauchemar ?
GGB: J'en ai beaucoup fait ! Je me souviens notamment d'un où je tombais dans l'eau. Je m'enfonçais de plus en plus profondément et je n'arrivais plus a respirer, ni à remonter à la surface.
Cç: Avez-vous déjà fait interprêter vos rêves ?
GGB: Non jamais. Mais je suis sûr que j'en apprendrais beaucoup ! Il y a une symbolique très forte des rêves. On peut rêver de plusieurs personnes, en réalité, c'est toujours nous. Je sais aussi qu'il y a certaines situations qui évoquent des moments de notre vie. Mais j'avoue ne pas en savoir plus ! Il faudrait que je m'y intéresse.
Cç: Avez-vous déjà participé à quelque chose d'aussi étrange et invraisemblable que ce film?
GGB: A vrai dire... non ! En tout cas, je n'ai jamais construit de machine à remonter le temps. Je ne me suis jamais, non plus, projeté dans un autre monde. Disons que je n'ai jamais utilisé mes rêves pour changer la réalité même s'ils ont sûrement influencé quelque peu mon sens des réalités. Les rêves nous aident soit à réaliser ce que l'on ne peut pas faire "dans le vrai monde", soit à comprendre et même prendre des décisions dans le "monde réel".
Cç: Comment pourriez-vous définir le cinéma de Michel Gondry (Human nature, Eternal Sunshine of a Spotless Mind) ?
GGB: Il a un univers bien à lui. Il sait exactement ce qu'il veut. Je sais par exemple que la plupart des scenes de rêves dans le film sont des rêves qu'il à fait. Il est aussi très marqué par l'enfance. Son univers tourne beaucoup autour de personnages animés ou de maquettes. L'univers de Michel Gondry est celui d'un enfant dans un corps d'adulte !
Cç: Comment c'est passé votre collaboration avec Charlotte Gainsbourg ?
GGB: Elle est génial ! C'est une très bonne actrice. C'est amusant avec Charlotte. Elle semble apparemment fragile alors qu'en réalité elle est si forte !
Cç: Et avec Alain Chabat ?
GGB: Il est incroyable. Contrairement à son rôle, Alain est gentleman dans la vie. Il respecte beaucoup les femmes. C'est un "cavallero" ! Il est incroyablement bien "éduqué", il a de bonnes manières. C'est un homme auprès de qui l'on aime être. Alors que son personnage, c'est tout l'inverse ! Maintenant c'est vrai que par rapport au grain de folie, au ton, aux façons d'être et de "péter les plombs" de son personnage, oui cela il en est très proche.
Cç: Depuis quelques années, le cinéma vous réclame sur tous les fronts, comment vivez-vous cette popularité ?
GGB: Ca me rend heureux, mais en même temps, je garde beaucoup de recul. J'ai été élevé par des parents comédiens. J'ai commencé très tôt à faire ce métier. Donc je connais bien les risques de succomber aux "chants des sirènes". Je sais que tout peut s'arrêter brutalement. Donc, j'en profite, j'en suis heureux. Mais ce qui me rend le plus fier, c'est surtout de voir mes films au-delà des frontières. Savoir que les histoires des films dans lesquels je joue parlent à des gens au-delà des mers, des frontières et des cultures. Ca, ça me rend très heureux !
Cç: Le plubic féminin vous adore. Comment gérez-vous ce nouveau statut ?
GGB: Je ne sais pas, je vis avec ! En fait, ça me fait beaucoup rire parce que moi, je ne me vois pas comme ça ! J'aime plaire au public et aux femmes en particulier parce que je réussi à les toucher. Mais le reste... c'est en plus ! Je ne me vois pas comme un "sex symbol" ! Mais, c'est l'image de moi que l'on me renvoie.
Cç: En quoi avoir eu des parents comédiens vous a-t-il fait "avancer plus vite" dans ce métir ?
GGB: Certainement pas au niveau d'un quelconque piston. Je n'en ai jamais voulu et ils ne m'auraient jamais proposé de me pistonner. Mais ce que j'ai très vite compris à leur côtés, c'est cette notion de travail. Très tôt, j'ai compris qu'il faudrait étudier et étudier encore pour parvenir à obtenir un début de niveau correct !
Cç: Que faites-vous quand vous ne travaillez pas ?
GGB: J'étudie, je voyage, je vais au cinéma, je lis, je vois des amis, je pars en vacances, je fais de l'exercice, je joue au football, j'apprend des choses...
Cç: Cuisinez vous ?
GGB: Oui mon plat de référence, c'est le riz ! C'est difficil en fait. Et les salades aussi, je suis vraiment bon parce que j'ai appris à les faires.
Cç: Révélez-moi quelque chose que l'on ignore de vous !
GGB: Lorsque j'étais enfant, je vivais dans une partie de la ville élognée de mon école. L'homme qui livrait le lait dans les maisons du voisinage venait à cheval. Et pendant trois années de ma vie, je suis alé à l'école sur son cheval ! Mais ce qui est plus original, c'est que nous étions six ou sept gosses sur ce cheval ! Il nous "ramassait" au fur et à mesure de ses livraisons. C'était en quelque sorte notre "bus de ramassage scolaire" !